Samedi 14 mars 2009
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Je suis actuellement en stage en psychiatrie, deuxième
stage sur cette spécialité... Et je constate à nouveau le gouffre qui me sépare d'une connaissance suffisante et d'une prise en charge adéquate de ces patients. D'autant plus grande que
l'infirmier psy de l'équipe me décrit la population présente (je suis en clinique) comme étant "pas compliquée"..... -_- ...... Pauvre de moi, pauvre de eux....
La population accueillie se compose principalement de personnes en phase dépressive et de personnes en cure de désintoxication alcoolique. Donc il est vrai pas de pathologies extrèmement
complexes comme j'avais pu en voir lors de mon premier stage mais tout de mêmes parfois des angoisses dévorantes qui me laissent pantoise...
Certes dans mon IFSI les approches théoriques au niveau psychiatrie ont été très minimes en première année, mais nous avons la chance d'avoir un formateur Infirmier Psy et nos connaissances vont
être largement enrichies en deuxième année nous a-t-il dit. Je pense que nous pouvons lui faire confiance pour défendre de façon correcte sa spécialité. Il n'empêche...
Il n'empêche je mesure aujourd'hui que s'il est exact que tout infirmier digne de ce nom doit avoir une approche solide de la psychiatrie parce que ces patients se retrouvent dans tous les
services (des fois ils sont aussi dans les équipes mais c'est une autre histoire ^^), la psychiatrie est très spécifique et avoir cesser de l'enseigner aux infirmiers de façon spécialisée a
certaienement été une erreur monumentale. Et je constate en plus que certains infirmiers psy en veulent aux Etudiants DE et le leur font savoir (et le leur font payer) alors qu'ils ne sont en
aucun cas responsables de la situation. Ils en veulent aussi, soit dit en passant, à ce formateur spé psy qui pourtant ne fait que tenter de sauver les meubles en partageant au maximum ses
connaissances. Pour eux il "rentre dans le moule" et en prend plein les dents.
Je reste dubitative... C'est très intéressant la psy, ça oblige à se creuser la tête, à réfléchir sur soi, à comprendre ses sentiments, ses attitudes, ce sont des questions continuelles... C'est
usant ^^... Mais en fait le travail que l'on doit faire sur soi est tellement énorme qu'il empêche plus ou moins le travail sur l'autre, sur le soigné. Je n'ai pas assez de temps! 3 mois de stage
en psy sur les 3 ans du cursus c'est pas assez d'abord pour bosser sur moi et pour bosser sur l'autre! Et comment avoir de l'empathie et mener les relations adéquates à l'autre si je ne me
connais, ne me comprends pas moi-même?
Beaucoup d'Infirmiers psy rechignent à prendre vraiment en charge les étudiants, il faut avant que nous leur montrions un courage et une ténacité réelle, très difficile... Mais je les
comprends!!! Nous leur demandons de nous donner en 1 mois de stage ce qu'ils ont étudié en 3 ans et qu'ils continuent d'étudier! Sans compter qu'ils sont en plus responsables du tutorat de leurs
nouveaux collègues! Aveux s'il en était besoin que ceux-ci sont très très très loin d'avoir ne serait-ce que les bases théoriques adéquates à la bonne pratique.
Alors je me défonce, enfin j'essaie, pour en apprendre le maximum sur mon stage. Je questionne, j'observe, je lis beaucoup... Et dans le même temps je prépare mon éval de cardio de dans deux
semaine... Je deviens folle mais j'suis au bon endroit...
Faudrait-il rétablir le cursus spécialisé psy? Tout en préservant les apports théoriques et au moins un stage psy aux étudiants DE? Je me pose des questions pour ces patients là... Mon ressenti
actuel c'est que toute l'infirmerie est sans dessus dessous, tous sont à bout de nerfs, mais les patients de psy ont tout particulièrement besoin de stabilité...
Par Fée K-lom
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Publié dans : Stages
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